Ce changement n’a pas manqué de susciter des réactions critiques. Philippe Doucet, journaliste spécialisé sur Canal+ Sport Afrique, a vivement dénoncé cette décision dans l’émission Les Grandes Bouches, y voyant une manœuvre à visée politique plutôt qu’un choix sportif. Il a expliqué que le passage à une organisation tous les quatre ans avait été initialement pensé pour répondre aux injonctions de Gianni Infantino, le président de la FIFA. Cette réorganisation visait à apaiser les clubs européens, mécontents de devoir libérer leurs joueurs africains pendant la saison pour les besoins de la CAN, tout en essayant de favoriser le développement de la Coupe du monde des clubs, activité soutenue par Infantino.
Des tensions politiques croissantes au sein de la CAF
Parallèlement, ce revirement intervient dans un contexte politique compliqué pour Patrice Motsepe. Sa légitimité à la tête de la CAF serait remise en question dans certains cercles. Un exemple marquant est le refus public exprimé début octobre par Moses Magogo Hassim, président de la Fédération ougandaise de football, de co-organiser la CAN 2027 avec le Kenya et la Tanzanie. Ce refus a mis en lumière des difficultés dans la préparation de cette édition, prévue en Afrique de l’Est dans le cadre du projet Pamoja.
Malgré les déclarations publiques de Motsepe assurant que la compétition resterait en Afrique de l’Est, plusieurs sources indiquent que la CAF chercherait en coulisses des alternatives en raison des retards accumulés par les pays hôtes réunis dans ce triptyque. Cette crise logistique ajoute une couche de complexité au leadership du président sud-africain.
Une stratégie pour préserver sa position
Selon certains observateurs, la décision de revenir à un cycle biennal pour la CAN serait également motivée par la volonté de Patrice Motsepe de se prémunir contre une éviction brutale. Des rumeurs circulent au sujet de possibles ambitions politiques plus larges, notamment une candidature à la présidence de l’Afrique du Sud, projet que Motsepe a démenti. Il semble néanmoins qu’il cherche à gérer sa sortie de la CAF avec précaution. En effet, il a déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas à la présidence de la Confédération en 2029.
Cette volte-face sur le calendrier de la CAN souligne les enjeux politiques internes qui agitent actuellement le football africain, où les intérêts personnels et les dynamiques de pouvoir se mêlent aux considérations sportives et économiques.




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