Le directeur général de Shakhtar, Serhii Palkin, a expliqué que malgré ces événements traumatisants, ils restent normaux pour le club ukrainien. Il a évoqué notamment une situation récente où, alors qu’il était en réunion dans un bureau à Kiev, une frappe russe a eu lieu à seulement une centaine de mètres, affectant aussi un terrain où joue l’équipe féminine du club. Ces attaques se traduisent par des interruptions des communications et une incertitude omniprésente, conditions dans lesquelles le club doit continuer ses activités sportives et organisationnelles.
Un club contraint à l’exil et engagé dans un projet de reconquête
Shakhtar Donetsk est éloigné de son stade et de sa région d’origine depuis plus de douze ans, jeté sur les routes par les conflits armés dans le Donbass et la guerre plus large contre l’Ukraine. Pourtant, malgré cette longue période d’absence, le club travaille à changer le récit autour de son image. Si auparavant il souffrait du seul prisme de la guerre, il vise désormais à mettre en avant les opportunités économiques et sa volonté de résilience.
À l’occasion de leurs rencontres à Stamford Bridge face à Chelsea, notamment contre AEK Athènes, les joueurs arboreront sur leurs maillots un slogan invitant à Investir en Ukraine . Ce message est soutenu par le propriétaire Rinat Akhmetov, mais aussi par la société mère SCM et DTEK, entreprise énergétique majeure dans le pays, elle-même en pleine mutation et reconnue pour son innovation dans la reconstruction énergétique.
Une énergie renouvelée et une innovation accélérée
Le contexte de guerre a poussé les entreprises ukrainiennes à réinventer leur modèle industriel, en accélérant la construction d’infrastructures et en développant des projets d’énergie renouvelable à un rythme inédit. Le PDG de DTEK, Maxim Timchenko, souligne que la société peut désormais réaliser en un an des projets qui, ailleurs, prendraient normalement cinq ans. Cet effort rapide suscite l’admiration, dans certains cas outre-Manche, où le rythme de développement des éoliennes dans leur propre pays est inférieur à celui observé en Ukraine depuis l’invasion.
De plus, DTEK étend son expertise à l’étranger, notamment en Roumanie et en Pologne, exportant ses compétences techniques en matière de logistique et d’approvisionnement. Cette dynamique témoigne d’une industrie ukrainienne capable de s’adapter et d’innover au-delà des contraintes locales.
Un appel au financement international soutenu
Côté financement, l’Ukraine nécessite un volume très important de fonds estimé à près de 100 milliards de dollars pour reconstruire sa capacité énergétique. Ce besoin dépasse les moyens publics, d’où l’importance des investissements privés et internationaux. Le mois dernier, l’institut américain International Development Finance Corporation a approuvé un prêt de 97,5 millions de dollars à DTEK pour un projet de stockage par batteries. Ce dispositif est crucial pour sécuriser l’alimentation électrique du pays pendant l’hiver et pour bâtir une stratégie énergétique durable à long terme.
Maxim Timchenko insiste sur la volonté de construire un nouveau système énergétique national, avec un fort accent sur la modernisation et l’amélioration de la sécurité énergétique du pays. Ces initiatives démontrent que le sport et l’économie, même dans un contexte de guerre, peuvent se conjuguer pour porter un message d’espoir et de renouveau.




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