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Pim Verbeek : « J’ai apprécié chaque petit moment de cette aventure »

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Après quatre ans à la tête des sélections nationales des jeunes, le technicien néerlandais Pim Verbeek s’est confié au «Matin» pour dresser un bilan de son expérience au Royaume. Dans cet entretien, Verbeek ne cache pas sa satisfaction des réalisations, mais aussi les points qui, selon lui, sont à améliorer. Sans oublier d’évoquer le futur du football national, qui puise sa force dans les sections juvéniles.

Votre travail à la tête des sélections nationales de jeunes est désormais fini. Comment décrivez-vous ces quatre années passées au Maroc ?
Pim Verbeek : Après le Japon, la Corée et l’Australie, j’ai voulu tenter une expérience totalement différente. Travailler en Afrique et plus précisément avec la FRMF a été un défi presque au quotidien. J’ai apprécié chaque petit moment de cette aventure.

Quels sont les résultats qui vous ont satisfait ?
Quand j’ai pris ce travail en charge, la FRMF m’avait signifié trois principaux objectifs. D’abord, la qualification pour les Jeux olympiques de Londres 2012. Puis, qualifier les équipes U20 et U17 aux Mondiaux 2013 dans leurs catégories respectives. Enfin, mon travail consistait également à repérer les joueurs marocains qui sont en Europe et à développer une nouvelle génération de joueurs, pour la sélection nationale A. Je suis fier du fait qu’avec mes assistants, nous avons réalisé la majorité de ces objectifs.

Et les points à améliorer ?
Je continue de penser que nous pouvions réaliser beaucoup plus que ce qui a été fait. Je pense également que la FRMF n’aurait jamais dû mettre fin aux contrats de mon staff technique, Henk Duut et Robert Verbeek, ni ceux de mes scouts (Afellay et Vergeer), chargés de repérer les talents marocains. La Fédération a rompu leurs contrats, alors qu’ils étaient liés avec elle, pour un an supplémentaire. Une année au cours de laquelle on aurait pu réaliser d’autres objectifs.

Comment était votre relation avec les sélectionneurs des différentes catégories, sur le plan professionnel ?
Au fil du temps, nous avons constitué un bon groupe de techniciens très professionnels, qui ont adhéré au projet. Mais il n’y a pas que les techniciens, il y a aussi le staff médical et les assistants. Pour le bien du football marocain, je pense que la FRMF devrait garder ces personnes pour une longue durée, car ils opèrent pour le bien du ballon rond.

Toujours dans ce contexte, pensez-vous que la «dispute» avec Hamidou Louarga, à la veille des JO de Londres, aurait pu être évitée ?
En tant que directeur sportif, je devais parfois prendre des décisions délicates, pour faire avancer tout le groupe. J’admire Louarga en tant que personne, mais sur le plan professionnel, nous avions des conceptions très différentes. Ce n’était certainement pas une «petite dispute». Je me suis senti mal, parce que c’est un bon coach, mais je devais trancher et n’avais pas d’autres choix que de l’écarter de l’équipe.

Revenons aux réalisations sportives. Les qualifications et les participations marocaines aux compétitions internationales de jeunes ont donné une grande satisfaction. Pensez-vous qu’avec ces jeunes le futur est assuré ?
Nous avons trouvé et sélectionné un bon nombre de jeunes joueurs talentueux, mais il n’y a aucune garantie que ces joueurs deviendront de grands professionnels. À chaque fois, nous insistions auprès des joueurs sur le fait que la défense des couleurs des équipes juvéniles du Maroc n’était que la première étape et que le talent seul n’était pas suffisant pour le succès. Ils doivent continuer à travailler et surtout apprendre de leurs échecs. Espérons qu’ils ont compris le discours que je leur ai adressé et si c’est le cas, le futur pourrait être garanti pour la sélection nationale A.

Il y a eu beaucoup de rumeurs sur d’éventuelles grosses sommes, que vous auriez encaissées après chaque bon rendement. Que pouvez-vous nous dire à ce propos ?
Beaucoup de choses ont été dites à ce sujet, comme une supposée prime d’un million de dirhams, après la qualification des U17 en huitième de finale de la Coupe du monde. Mais tout cela est fabriqué de toutes pièces.
Je n’ai jamais perçu de prime ou de bonus pour ça. Je n’étais pas bénévole, mais je percevais mon salaire d’une manière normale, comme un employé de la FRMF. Les gens ne devraient pas croire tout ce qu’il se dit dans la presse (rires).

Quelle est votre prochaine destination ?
Je vais prendre du repos pendant quelques mois, pour m’occuper de ma petite fille et j’attendrai de possibles propositions.

Recueillis par Amine El Amri | LE MATIN