Hassan Benabicha : «Boufal et Mastour seraient un plus pour l’équipe olympique»

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À un mois de la confrontation décisive face à la Tunisie, pour le compte du match barrage qualificatif aux Jeux olympiques de Rio 2016, Hassan Benabicha continue d’étudier les options et les éventuels renforts susceptibles de donner un coup de pouce à la sélection nationale olympique. Toujours enivrés par leurs prestations probantes lors du tournoi de Toulon, les Lionceaux devraient être épaulés par plusieurs joueurs évoluant à l’étranger, voire ceux de la sélection A.
Dans cet entretien, Hassan Benabicha revient sur l’épopée de ses protégés à Toulon et nous livre ses impressions sur le calendrier et la gestion des compétitions U23 par la CAF, ainsi que ses attentes par rapport au match crucial face à la Tunisie.

Quels enseignements avez-vous tirés de la participation de l’équipe nationale au Festival international de Toulon ?
Notre participation a été une grande réussite. Même s’il s’agissait d’un tournoi amical, les matchs étaient très disputés. Les équipes participantes étaient d’un très bon niveau. Je pense qu’on a prouvé au monde que nous avions un bon championnat.
On a évolué avec des joueurs de notre championnat puisque le tournoi s’est disputé à une date non FIFA. Je félicite l’ensemble des entraîneurs et dirigeants qui ont donné une chance à ces joueurs pour montrer l’étendue de leurs talents.
À l’exception du joueur Bencharki, on a travaillé avec l’ensemble des joueurs depuis pratiquement trois ans. Et cela prouve que la continuité finit toujours par donner de bons résultats. Notre objectif, c’est de pouvoir alimenter d’ici un an ou un an et demi l’équipe nationale A’ et l’équipe nationale A et se qualifier pour les Jeux olympiques que tout joueur ou entraîneur aimerait disputer.
Nous regrettons, par contre, la manière avec laquelle la Confédération africaine de football gère les compétitions des U23. Les gens préparent le tournoi olympique pratiquement depuis quatre ans et à la fin on vous programme un match barrage aller-retour. Je trouve que cette façon de faire est un peu difficile.
Le tirage au sort n’est pas clément avec la sélection marocaine puisqu’elle a hérité de la sélection tunisienne. Si vous prenez les autres équipes comme la Côte d’Ivoire, l’Algérie, l’Égypte, le Cameroun… elles avaient hérité d’équipes moyennes. J’aurais bien aimé que les éliminatoires se fassent sous forme d’un tournoi, comme ça si vous perdez un match vous pouvez vous racheter.
La formule actuelle de match de barrage ne vous laisse pas droit à l’erreur. C’est comme ça.
On se prépare pour être prêt le 18 ou 19 juillet, jour du match aller au stade Moulay El Hassan à Rabat. J’espère que les joueurs seront en forme à cette période pour fournir une grande prestation.

Le match barrage face à la Tunisie est programmé le 18 ou 19 juillet, dans une période où les championnats sont à l’arrêt, qu’allez-vous faire pour maintenir les joueurs en forme, sachant qu’ils vont tout juste revenir de vacance ?
Comme je vous l’ai dit, la CAF ne prend pas au sérieux les compétitions des U23. D’abord, les matchs des U23 ne sont pas programmés à des dates FIFA. Donc on ne peut pas bénéficier de l’apport des joueurs professionnels qui évoluent à l’étranger. Plus encore, le timing de ce match est mal choisi. Nous sommes à la trêve estivale.
Les joueurs commenceront à peine à reprendre les entraînements avec leurs clubs et nous on va jouer un match officiel. On offre aux joueurs une période de repos. On leur a concocté un plan de travail pour pouvoir les récupérer le 9 juillet en forme.

Où sera disputé ce match ?
On aurait voulu le programmer au complexe Mohammed V, mais ce dernier sera fermé pour travaux de rénovation dès le 21 juin, c’est-à-dire après le match Maroc-Libye. On a donc opté pour le stade Moulay El Hassan à Rabat.

Vous avez déjà affronté cette équipe de Tunisie à plusieurs reprises, quels sont ses points forts ?
L’équipe de Tunisie n’a jamais été meilleure que l’équipe marocaine. Je vous parle selon mon humble expérience, que ce soit dans les équipes de jeunes ou l’équipe première. L’équipe tunisienne réussit toujours soit à nous battre soit à faire match nul, même quand elle joue mal. Lors de la CAN du Gabon, elle a réussi à gagner, alors qu’elle n’était pas meilleure que nous. C’est bizarre ce qui nous arrive avec les équipes de Tunisie, mais c’est la réalité.
On est prévenu.
On se prépare pour aborder cette double confrontation dans les meilleurs auspices.
On va essayer le jour du match de ne pas encaisser de buts à domicile. On sait qu’ils ont de bons attaquants.
Nous aussi, on a de très bons joueurs capables de faire la différence, que se soit au match aller ou au match retour.
On dispose de bons joueurs capables d’assurer la qualification sur les deux matchs.

Allez-vous vous appuyer uniquement sur les joueurs que vous avez sélectionnés pour le tournoi de Toulon ou allez-vous faire appel aux autres joueurs évoluant à l’étranger ?
L’équipe nationale est ouverte aux meilleurs. D’ailleurs, lors de notre dernier stage de préparation effectué après le Festival international de Toulon, on avait fait appel à sept joueurs évoluant à l’étranger.
On a pu les voir lors du match amical face à la Gambie le lundi dernier, match gagné par 3-1. C’est sûr que nous allons faire appel à certains professionnels, mais comme vous savez, le match aura lieu à une date non FIFA. Et les clubs vont certainement refuser de libérer certains joueurs.

Allez-vous faire appel à certains joueurs de l’équipe nationale A qui peuvent toujours évoluer avec les U23 ?
J’espère que nous pourrons compter sur Soufiane Boufal qui est un grand joueur capable d’apporter un plus à l’équipe nationale. Idem pour Hachim Mastour. Je pense que Nacer Larguet va faire son possible pour pouvoir compter également sur ce joueur.
Je suis toujours en contact avec M’hamed Fakhir et Badou Zaki pour voir si je peux compter sur des joueurs qui évoluent avec eux.

Réalisé par Abderrahman Ichi | LE MATIN