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Entretien « Le matin » avec le candidat à la présidence de la CAF

Le président de la Fédération malgache, Ahmad Ahmad, a créé la surprise en annonçant sa candidature pour la présidence de la CAF en janvier dernier. Depuis, l’homme a sillonné pratiquement toute l’Afrique à la conquête de voix.

 

Arrivé samedi dernier au Maroc, l’adversaire d’Issa Hayatou a rencontré Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football, et Saïd Naciri, président de la Ligue professionnelle.

Sollicité par «le Matin», Ahmad Ahmad a accordé un entretien-vérité. Son programme de conquête, sa visite au Maroc, ses relations avec Gianni Infantino président de la FIFA, les soupçons de corruption dans l’affaire de l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar et ses projets au cas où il serait élu. Ahmad Ahmad dit tout.

Le Matin : Quel est votre programme de conquête de la présidence de la Confédération africaine de football ?
Ahmad Ahmad : Je suis un candidat qui arrive avec un programme. Un candidat qui a annoncé sa candidature et continue sa campagne jusqu’au bout. Un candidat qui a visité en peu de temps la majorité des pays africains. C’est ça déjà le changement. Si je suis élu, la Confédération africaine ne sera pas tout simplement une institution qui organise les compétitions, mais un organe qui accompagne les fédérations africaines dans leurs problèmes. L’objectif en fin de compte ce n’est pas seulement la performance du football, c’est surtout l’éducation de la jeunesse africaine. Le football doit être un instrument beaucoup plus efficace que les autres dans l’éducation de notre jeunesse. C’est à nous d’accompagner les jeunes à chaque étape de leur développement. Je veux insuffler le changement au niveau de l’administration. Il faut suivre l’évolution du monde en instaurant une meilleure gouvernance, une transparence financière en amont et en aval et un respect total de toutes les procédures applicables en termes de gestion et un réinvestissement dans le football. La CAF n’est pas là pour être riche et avoir de l’argent. Elle est là pour trouver de l’argent et le réinvestir dans le football et l’éducation.

Vos détracteurs vous qualifient de candidat du président de la FIFA, Gianni Infantino, que leur répondez-vous ?
Être ami avec Gianni Infantino est-ce une bonne ou mauvaise chose ? L’amitié ne veut pas dire qu’on a toujours la même position politique. Être ami avec Infantino, ça peut aider.
Quant à son positionnement, c’est lui seul qui le sait. Le connaissant, c’est un gars très correct dans sa démarche. Je ne pense pas qu’il intervienne dans ces élections. Comme tout le monde, il a sa préférence dans sa tête, mais il ne le dira pas.

Avez-vous des garanties que le scrutin du 16 mars sera transparent à 100 % ?
C’est vrai que dans toutes les élections qui se passent dans ce monde, il y a des tiraillements, et quelques fois des velléités de tricher. Moi je respecte beaucoup les organes chargés d’organiser les élections. Il est vrai aussi qu’en tant que candidat, on demande l’omniprésence des membres des comités pendant toutes les phases des opérations électorales. Je suis convaincu qu’ils vont essayer de faire le maximum.

Qu’allez-vous faire pour régler le problème des droits de retransmission télé exorbitants pour la plupart des pays africains ?
Je vous annonce déjà que je ne signerai jamais un contrat au-delà de six ans. Un mandat de président c’est quatre ans. Donc, je signerai au maximum pour six ans, c’est-à-dire deux ans de plus après mon mandat. La bonne conduite et l’éthique ne me permettent pas d’agir autrement. Si je suis élu, la CAF ne sera pas ma propriété personnelle. Si je suis élu, je dresserai un état des lieux. Je réaliserai un audit financier pour commencer, parce que je n’aime pas me mouiller dans des opérations que je n’ai pas faites. C’est vrai que les droits télé sont un grand problème sur notre continent. Ne pas pouvoir accéder à des retransmissions directes des matchs de la Coupe d’Afrique est un problème qu’il faudra résoudre. C’est vrai, on a besoin de l’argent, mais il faut tenir compte des besoins des populations.

Vous venez de dire que vous ne vouliez pas vous mouiller. Vos détracteurs avancent que vous avez touché 100.000 dollars pour appuyer la candidature du Qatar à l’organisation de la Coupe du monde 2022 ?
D’abord, je ne suis pas électeur pour la désignation des pays pour l’organisation de la Coupe du monde. Je ne suis qu’un président de fédération. Je ne suis pas membre du comité exécutif de la FIFA et je ne suis pas votant. Je pense que le bon sens dicte que personne n’a intérêt à donner de l’argent à quelqu’un qui ne peut lui servir à rien. Vous pouvez demander, j’ai été titulaire d’un grand portefeuille ministériel chez moi. Si les gens veulent vraiment savoir la vérité, ils n’ont qu’à aller se renseigner. Ils verront mon parcours et ma conduite dans la gestion des affaires.

Si vous êtes élu, pour combien de places de l’Afrique militerez-vous dans la nouvelle formule de la Coupe du monde à 48 pays ?
Je ne peux vous annoncer un chiffre exact. Quant au combat comme vous dites pour l’obtention du maximum de places, nous le mènerons. Toutes les personnes qui arriveront au conseil de la FIFA et à la présidence de la CAF ont l’obligation de défendre les intérêts de la CAF.

L’Afrique a eu l’honneur d’organiser une seule fois la Coupe du monde. C’était en 2010 en Afrique du Sud. Est-ce qu’il n’est pas temps d’offrir à l’Afrique une seconde chance d’abriter ce grand événement footballistique ?
Dès qu’un pays sera prêt pour organiser la Coupe du monde, nous le soutiendrons. Je pense qu’il y en a deux, voire trois au maximum, qui sont capables d’organiser la Coupe du monde, et votre pays en fait partie (NDLR, le Maroc). Nous allons nous engager pour soutenir à fond une candidature africaine. D’ailleurs, ce sera à l’honneur de tous les Africains si on arrive à obtenir une seconde fois la Coupe du monde sur le continent.

Un dernier mot…
Le Maroc est un grand pays et une grande civilisation. Mon dernier mot : priez pour que je gagne ces élections !

Lematin.ma-Entretien réalisé par Abderrahman Ichi

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