
Les grands absents
Ils étaient nombreux à rester à la maison ou dans leurs clubs européens. Les tenants du titre égyptiens, l’Algérie, le Cameroun, le Nigeria, avaient tous échoué lors des phases de qualification. Quand ces grandes nations africaines ne sont pas là, les favoris ne dansent pas pour autant. La compétition s’est singularisée par les difficultés des « gros » et notamment par les éliminations prématurées du Sénégal et du Maroc, dès la phase de poule. Amara Traoré, le sélectionneur sénégalais, a été limogé tandis que celui du Maroc, Eric Gerets, a sauvé sa tête à la faveur d’une victoire (en trois matches), qui le fait sortir… la tête pas si basse. Bien que demi-finaliste, le Ghana, quant à lui, a été incapable de dominer ses matches.
Le moment décisif
C’était le penalty de la victoire, ou presque. A la 70e minute de la finale, Didier Drogba avait l’occasion de se rapprocher un peu plus du deuxième titre ivoirien en Coupe d’Afrique. Mais le capitaine des Eléphants expédiait son tir dans les nuages, et la Zambie l’emportait au bout de la nuit à Libreville. L’histoire apparaît d’autant plus cruelle qu’elle se répète. Lors de la finale de la CAN 2006, dans la série des tirs au but, Drogba ratait le sien, et l’Egypte venait finalement à bout des Ivoiriens (0-0 a.p. 4-2 t.a.b.). Lui qui aura 34 ans en mars pourrait avoir une nouvelle chance de succéder aux aînés de 1972, derniers Ivoiriens vainqueurs de la CAN, grâce à l’organisation prématurée de la prochaine CAN, en 2013. « Didier est notre capitaine, c’est l’emblème, comme Milla au Cameroun et Weah au Liberia », avait assuré le sélectionneur ivoirien, François Zahoui, vendredi. L’ »emblème » a tenté de consoler ses coéquipiers à l’issue de la défaite. Il a récupéré le trophée de l’équipe la plus fair-play, le visage fermé.
Le meilleur joueur
Le capitaine de la Zambie, Christopher Katongo, a été élu meilleur joueur du tournoi, à l’issue de la finale remportée. L’attaquant de Henan Jienye, en Chine, a signé trois buts pendant le tournoi dont il est un des meilleurs buteurs (6 joueurs à 3 buts). Lui qui disputait sa quatrième CAN a aussi été élu meilleur joueur de la finale. Avant d’aller Chine en 2011, il n’avait évolué que dans des clubs mineurs en Europe, à Brondby (Danemark), Bielefeld (Allemagne) et Xanthi (Grèce), avec une Coupe du Danemark comme unique ligne à son palmarès. La CAN est souvent l’objet d’attentions toutes particulières des chasseurs de tête des clubs européens. Avec le dribbleur tunisien Yousef Msakni, un avenir sur le vieux continent est à envisager sérieusement pour le capitaine zambien malgré ses 29 ans.
Le plus beau but
Il est l’œuvre du Ghanéen Emmanuel Agyemang-Badu lors de Guinée-Ghana en phase de poule.
Le plus beau match
C’était en poule, mais c’était décisif. En l’emportant, le Gabon de Gernot Rohr a éliminé le Maroc d’Eric Gerets et s’est qualifié pour les quarts de finale. D’abord menés, les Gabonais ont pris l’avantage à dix minutes de la fin grâce à deux buts spectaculaires et coup sur coup d’Aubameyang et Cousin. A la 90e, le Maroc égalisait avec un second but personnel de Kharja, mais la décision se faisait dans les arrêts de jeu grâce à un but de Zita et dans une ambiance électrique.
Le mot-clé : stabilité
Si la Zambie s’est donné les moyens de remporter la compétition, c’est en étant guidée par une ligne directrice claire, avec une fédération au diapason de son entraîneur. En un mot : la stabilité. Bien qu’éliminée au premier tour puis en quarts de finale lors des précédentes éditions, la Zambie a gardé son ossature de joueurs et a fait confiance en un entraîneur qui avait fait ses preuves en 2010. Si Hervé Renard a été remplacé momentanément le temps des qualifications, c’est un choix sûr qui a été fait de le rappeler pour la compétition. Treize joueurs participant à la CAN 2012 étaient présents lors de la CAN 2008 et seize joueurs avaient pris part à la CAN 2010. Miser sur la stabilité, un pari gagnant.

















