Boussoufa : « Cette équipe du Maroc a une âme »

Il fait partie de la formation qui a assuré la qualification du Maroc au Mondial 2018. Le milieu de terrain des Lions de l’Atlas revient pour nous sur la genèse de cette victoire, et nous livre sa vision du football moderne.

Boussoufau

L’équipe avait l’air très sûre d’elle lors de la phase de qualification au Mondial 2018. Serait-ce l’année du Maroc ?

On a réussi à se qualifier dans un groupe difficile (Gabon, Mali, Côte d’Ivoire). Nous avions déjà eu de bons résultats lors de la CAN 2017. C’est une belle année pour le foot marocain. Il nous reste à faire nos preuves, évidemment, mais j’ai l’impression que nous pouvons envisager le futur avec confiance.

Qu’est ce qui a fait la différence cette fois ?

Notre envie de bien faire a été déterminante. L’équipe a été très engagée dans sa volonté de se qualifier. Au début, peu de personnes avaient confiance en nous. C’était difficile, mais nous avons fait de notre mieux pour bien jouer. Le déclic est venu lors du troisième match face au Mali (6-0). Nous avons, à ce moment-là, prouvé notre envie d’aller plus loin. Grâce à notre entraîneur et au peuple marocain, qui nous a suivis avec ferveur, on a senti que nous étions une vraie équipe.

On a l’impression que cette équipe du Maroc a une “âme”. Vous confirmez ?

Oui. Nous devons notre réussite en grande partie au staff et à l’entraîneur (Hervé Renard, qui a prolongé son contrat jusqu’en 2022 après avoir qualifié le Royaumme pour la Coupe du monde, ndlr). Ils ont réussi à faire naître un groupe qui a foi en lui. Il y a un vrai sentiment d’amitié et de solidarité entre nous, une sorte d’esprit commun. C’est sans doute grâce à cela que nous n’avons pas encaissé de but. On doit aussi notre qualification aux joueurs et à la fédération qui nous a mis dans de bonnes conditions. Tout le monde a fait de son mieux, et c’est ce qui donne ce sentiment de force.

Vous avez joué dans des clubs prestigieux (Chelsea, Ajax, ­Lokomotiv Moscou…). Maintenant, vous évoluez au Al-Jazira Club, aux Emirats arabes unis. Quel regard portez-vous sur le football moderne et l’argent qui l’entoure ?

Le football est en train d’évoluer. J’espère que l’Afrique va ­pouvoir aller encore plus loin, même si les conditions ne sont pas encore totalement réunies, avec des terrains en mauvais état par exemple. Mais le monde change rapidement aujourd’hui, et dans le bon sens. Le football est vu partout grâce à internet et aux réseaux sociaux. En dehors des championnats anglais et espagnols, qui sont très au-dessus, les compétitions se sont équilibrées. Une “petite équipe” peut battre une grande. D’ailleurs, les Pays-Bas ou l’Italie n’iront pas en Russie l’an prochain !

Quelle relation entretenez-vous avec le Maroc ?

Je n’y suis pas né, mais j’y vais très régulièrement. Ce sont mes racines. J’ai commencé à jouer avec le Maroc dès 2006. J’éprouve de la fierté quand je porte la tunique verte et rouge. Je me sens très proche de ce pays. C’est une relation spéciale, difficile à décrire. Vous vous sentez Marocain quand vous entendez l’hymne national en face des fans qui vous supportent.

Vous avez créé la Boussoufa Foundation pour soutenir financièrement les enfants défavorisés hospitalisés… Quel sens donnez-vous à cet engagement ?

J’ai de la chance. Je suis joueur de foot et c’est un beau métier, mais j’ai conscience qu’il y a des personnes dans une situation difficile. Il est important de partager et de se sentir concerné par ce qui se passe autour de soi.

Lecourrierdelatlas-Par: Yassir GUELZIM

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