CAN: 60 ans de rayonnement et de promotion du ballon rond sur la scène continentale

A partir de l’édition 1982 à Tripoli, la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) franchira un nouveau palier avec l’autorisation accordée aux fédérations nationales de faire appel à tous leurs professionnels à l’étranger, contre deux seulement lors des éditions précédentes.

– Quatrième titre continental pour le Ghana (1982).
Pour la première fois de son histoire, une finale de la CAN se jouera sur les tirs au but. C’était en 1982 à Tripoli. Cette édition se termine comme elle avait commencé, par un duel Libye-Ghana.
Après un nul en match d’ouverture, Libyens et Ghanéens se retrouvent en finale. Aucune des deux équipes ne parvenant à faire la différence au terme du temps réglementaire et des prolongations (1-1), le sort de cette finale sera scellé à l’épreuve des tirs au but.
S’imposant finalement par 7 à 6, soit leur quatrième sacre continental, un record inédit, les « Black Stars » inscriront leur nom dans l’histoire de la CAN.
Ce jour-là, une future grande star du football mondial, Abedi Pelé, a fait ses débuts internationaux au plus haut niveau de la compétition.

– La furia des Lions indomptables (1984).
Forts de leur participation héroïque au mondial-1982 en Espagne, les Lions indomptables du Cameroun vont cette fois-ci conquérir le continent.
Les équipes africaines, tendant à trop « s’européaniser’ dans leur système de jeu, le spectacle présenté lors de la CAN-1984 en Côte d’Ivoire n’a pas été de bonne facture, comme cela a été relevé dans les analyses des spécialistes du football africain.
En effet, les deux finalistes, le Cameroun et le Nigeria, ne se sont qualifiés que grâce aux tirs au but, respectivement face à l’Algérie (5-4/0-0 au terme du temps réglementaire et des prolongations) et à l’Egypte (8-7/2-2). Au stade Houphouët-Boigny (18 mars 1984), les Camerounais n’ont pas fait de détails face aux « Green Eagles », les battant par trois buts à un. Les Lions indomptables ajoutent leur nom à la liste des vainqueurs.

– Les « Pharaons », 27 ans après (1986).
Les Egyptiens ont attendu très longtemps pour reconquérir un trophée qu’ils étaient les premiers à remporter. Pour y parvenir, il a fallu qu’ils organisent de nouveau la Coupe d’Afrique des Nations (1986). Une défaite surprise (2-0) face au Sénégal en match d’ouverture a failli être fatale pour les « Enfants du Nil », qui ne doivent leur salut qu’à un succès (2-0) sur la modeste sélection mozambicaine, au dernier match de poules.
En demi-finales, ils étaient opposés à leur bête noire, la sélection marocaine, euphorique après sa deuxième qualification au mondial (Mexico-1986). Une erreur d’arbitrage a permis aux Egyptiens d’accéder à la finale: sur un coup franc indirect, Tahar Abouzaid expédie la balle directement dans les bois de Zaki (79è).
En finale, le penalty de Kana Biyik heurte le poteau et l’Egypte bat le Cameroun, tenant du titre, aux tirs au but 5-4 (0-0 au terme de 120 minutes de jeu). Une fois encore, la finale a été marquée par des chocs brutaux et des tactiques privilégiant la prudence au détriment du jeu ouvert et offensif. Le football africain est en train de perdre beaucoup de ses particularités (jeu spectaculaire, fantaisie et fête sur le terrain).

– Le Cameroun persiste et signe (1988).
Avec une équipe vieillissante, le Cameroun s’est déplacé au Maroc pour défendre ses chances lors de la 15è édition de la CAN. Vainqueurs à Abidjan-1984 et finalistes au Caire-1986, les Lions indomptables n’ont pas produit du beau football durant toute la compétition, qui a été avare en buts (23 buts en 16 matches). Leur longue expérience a été cependant déterminante dans la victoire (1-0) en finale sur un Nigeria en pleine restructuration.
Plus que jamais, le football africain est devenu crispé, les équipes devenant de plus en plus calculatrices. Les amateurs du ballon rond au Maroc et à travers le continent ont été particulièrement déçus par la prestation des Lions de l’Atlas, qui avaient émerveillé le monde par leur touche de magie lors du mondial mexicain, deux ans auparavant. Zaki et les siens ont été éliminés en demi-finales par le futur vainqueur (1-0), à la suite d’une rencontre hachée et de faible qualité technique.

– Les « Fennecs » irrésistibles (1990).
Accueillant la CAN-1990, l’Algérie allait réconcilier les amateurs du beau spectacle avec le football africain. Commençant en fanfare par une grande victoire sur le Nigeria 5-1, dont un doublé de Rabeh Madjer et un autre de Jamal Menad, les Fennecs vont se déchaîner devant leur public au stade 5 juillet, prenant le meilleur respectivement sur la Côte d’ivoire (3-0) et l’Egypte (2-0). Grâce au duo d’attaque irrésistible Madjer-Menad et le jeune Chérif Ouazzani, plaque tournante de l’équipe, l’Algérie a retrouvé toutes ses marques pour faire oublier son éviction en éliminatoires de la Coupe du monde par l’Egypte, quelques mois auparavant.
Vainqueur en demi-finale du Sénégal (2-1), l’Algérie jouera le titre contre le Nigeria, qui a opposé cette fois une forte résistance aux locaux. Mais un but de Oudjani dans le dernier quart d’heure va libérer les Algériens, qui rêvaient tant d’un sacre continental.

– Les « Eléphants » grâce à Gouamene (1992).
Dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, jamais un gardien de but n’a contribué à la victoire finale des siens comme l’a fait l’Ivoirien Alain Gouamene, alors portier du Raja de Casablanca. Les Eléphants ivoiriens n’étaient aucunement donnés favoris de la CAN-1992 au Sénégal, malgré une éclatante victoire (3-0) au premier tour face à l’Algérie, tenante du titre.
Qualifiés pour les demi-finales aux dépens de la Zambie de Kalucha Bwalya, les Ivoiriens seront bien inspirés par leur keeper Gouamene, qui a fermé toutes les portes devant les attaquants camerounais. A l’épreuve des tirs au but (0-0 au terme du temps réglementaire et des prolongations), Alain Gouamene, un véritable félin dans sa cage, va qualifier la Côte d’Ivoire en finale.
Opposés aux « Black Stars » du Ghana, qui revenaient au devant de la scène après une longue éclipse, les Ivoiriens vont opter pour une tactique ultra-défensive, comptant sur l’excellente forme de leur portier. Comme ce fut le cas face au Cameroun, les Ivoiriens feront de nouveau la décision à l’épreuve des tirs au but (11-10). Et encore une fois, ce n’est pas l’équipe ayant produit le meilleur football qui a gagné.

– La saga des « Greens Eagles » lancée (1994).
Après leur victoire sur leur terre en 1980, les Nigérians n’ont pas réalisé un aussi bon résultat par la suite, à l’exception d’une place de finaliste à Casablanca-1988 et Alger-1990. Ils ont dû patienter jusqu’en 1994 à Tunis pour voir s’épanouir une génération qui s’est forgée un style et qui a imposé le respect à tous ses adversaires, même les plus grands. Okocha, Amokachi, Kanu, Oliseh, entre autres, vont étonner le monde par leur jeu complet avec une force africaine, une rigueur européenne et une magie brésilienne.
Bénéficiant de l’encadrement perfectionné de ses joueurs au sein des plus prestigieux clubs du vieux continent, le Nigeria va signer un retour fulgurant au premier plan. Lors de leur passage par la CAN-1994, les « Super Eagles » n’ont à aucun moment douté de leurs moyens. Sans forcer leur talent, les camarades de Yekini vont atteindre la finale où ils seront opposés à une généreuse équipe zambienne, toujours sous le choc de la disparition de la majorité de ses joueurs titulaires dans le crash d’un avion, quelques mois avant son déplacement au Maghreb.
Au cours de la finale, le Nigeria va étaler tout son savoir-faire malgré une grande résistance de Kalucha Bwalya et ses jeunes coéquipiers. C’est Amunike, le remplaçant de luxe, qui sera l’homme de la décision. Il inscrira les deux buts de la victoire nigériane (2-1), donnant le coup d’envoi à la saga des « Greens Eagles ». Aux jeux du Centenaire à Atlanta, le Nigeria est champion olympique aux dépens de deux grandes nations de football, l’Argentine (demi-finale) et le Brésil (finale) et son duo Bebeto-Ronaldo.

– Les « Bafana Bafana », coup d’essai…coup de maître (1996).
Pour se réconcilier avec le continent, après la chute du régime de l’Apartheid, l’Afrique du sud accueille la 20è édition avec de nouveaux habits (quatre groupes de quatre équipes). Longtemps à l’ombre, les Sud-africains dévoileront leur vrai visage à tous les amateurs du beau jeu. Engagement physique, gestes techniques et grande détermination, la formation à Clive Barker, « chef spirituel » des « Bafana Bafana », avait tous les atouts pour devenir championne d’Afrique et offrir à son pays un deuxième titre international, après la couronne mondiale des springboks (sélection de rugby).
Souverains à chacune de leurs sorties, les « Bafana Bafana » ne seront pas vraiment gênés en finale par les Tunisiens qui ont, eux aussi, franchi un palier deux ans après leur catastrophique Coupe d’Afrique à domicile. Les Sud-africains s’imposeront grâce à deux buts de Williams, laissé volontairement sur le banc par Barker. Au coup de sifflet final, les « Bafana Bafana » peuvent poser avec leur supporter numéro un, Nelson Mandela. De retour à la maison, les Tunisiens seront accueillis en héros par toute une nation.

– Les « Pharaons égalisent » le record des « Black Stars » (1998).
Malgré leur courte défaite face aux Lions de l’Atlas en match de poules (1-0), les « Pharaons » vont décrocher le titre suprême de la 21è édition, organisée au Burkina Faso, égalisant du coup le record de quatre couronnes des « Black Stars » ghanéens. Déjà vainqueurs de la CAN en 1957, 1959 et 1986, les « Enfants du Nil », entraînés par Mahmoud El Gohary, vainqueur en tant que joueur de la deuxième édition en 1959, vont terminer au deuxième rang du premier tour derrière le Maroc. Ils passent difficilement le tour des quarts de finale après la fatidique épreuve des tirs au but face à la Côte d`Ivoire (5-4), avant de disposer sur le même score de 2-0, successivement, du Burkina Faso en demi-finales et de l’Afrique du sud, tenante du titre, en finale.
Cette édition a été marquée par l’émergence de petites équipes ambitieuses cherchant à bousculer la hiérarchie comme le Togo, vainqueur du Ghana d’Abedi Pelé au premier tour (2-1), ou le Burkina Faso, demi-finaliste, et le retour au premier plan de la RD Congo, troisième au décompte final.

– Le triplé pour le Cameroun (2000).
La victoire de la sélection camerounaise face aux « Super Eagles » devant 60.000 spectateurs a entraîné une grosse déception chez les Nigérians qui ont vu filer l’occasion de fêter le sacre. Les millions d’inconditionnels de la sélection nigériane assistaient, alors, à la troisième défaite en finale de leur équipe devant le Cameroun, après celles de 1984 à Abidjan et de 1988 à Casablanca. La finale remportée par les Camerounais sur le score de 4 tirs au but à 3, au terme d’un nul (2-2) en temps réglementaire et prolongations, a été palpitante eu égard au potentiel des deux équipes qui ont fourni un beau football.
Avec ce nouveau titre, le Cameroun inscrit son nom pour la troisième fois sur le registre africain, conservant, par là même, définitivement le trophée. La CAN-2000, organisée conjointement par le Ghana et le Nigeria, a été considérée comme étant celle de l’émergence des stars et de la maturité technique des joueurs africains.

– Quatrième titre pour le Cameroun (2002).
L’édition de Bamako peut être considérée comme un tournant pour le football africain, avec l’excellente carte rendue par les joueurs camerounais et sénégalais, propulsés au rang de stars lors du Mondial Corée-Japon. Les Camerounais ont dominé cette édition en remportant les trois matches du premier tour face à la RD Congo (1-0), la Côte d’Ivoire (1-0) et le Togo (3-0).
En quart de finale, les Camerounais ont sorti les Egyptiens (1-0), puis la sélection du pays hôte, le Mali (3-0), en demi-finale.
En finale face au Sénégal, le Cameroun a confirmé son statut de leader incontestable de la décennie. Face à une coriace équipe sénégalaise, les Lions indomptables n’ont eu leur salut qu’aux tirs au but 3-2 (0-0 au terme de 120 minutes de jeu).
Au tableau des équipes ayant raté le coche, figure le onze marocain qui n’a pas réussi à franchir le cap du 1er tour, comme lors de l’édition précédente, après son nul face au Ghana (0-0), sa victoire sur le Burkina Faso (2-1) et sa défaite devant l’Afrique du sud (3-1).

– Aigles de Carthage au sommet, Lions de l’Atlas ressuscités (2004).
La prestation de l’équipe marocaine lors de la CAN-2004 en Tunisie a redonné confiance à tous ses fans. Mais la Tunisie a raflé la mise grâce à un grand sens de réalisme. Les Lions de l’Atlas ont reconquis la place de choix qui leur échoit au niveau continental. Sous la houlette de Baddou Zaki, ils ont présenté un football attrayant, en dépit des doutes exprimés au début de l’épreuve sur leur capacité à réaliser un bon résultat.
Après un premier tour irréprochable, ils ont dominé l’Algérie en quarts de finale (3-1) et le Mali en demi-finale (4-0).
En finale, ils ont buté sur une équipe tunisienne survoltée devant son public. Les Aigles de Carthage, qui avaient perdu deux finales face au Ghana (1965 à Tunis) et à l’Afrique du sud (Johannesburg 1996), ont réussi cette fois-ci à décrocher le trophée sur le score de 2-1. Fêtés en héros à leur retour, les hommes de Zaki ont certes perdu le trophée, mais ils ont gagné en estime au sein du gotha du football africain.

– Et de cinq pour les « Pharaons » (2006).
Les Egyptiens, en remportant sur leur sol la CAN-2006, ont fait d’une pierre deux coups: signer un nouveau record de victoires en CAN avec cinq titres et organiser une des éditions les plus spectaculaires et les plus relevées. La finale, qui a opposé les équipes égyptienne et ivoirienne, ne s’est décidée que lors de la séance des tirs au but, les 120 minutes de la partie s’étant soldées sur le nul blanc (0-0). Drogba et les siens se sont finalement inclinés 4-2, à la grande joie des milliers de supporters du stade du Caire, totalement acquis à la cause des Pharaons.

– 2008: Les Pharaons encore et toujours, Eto’o nouveau « goaleador » de la CAN.
La tournure prise par les événements était loin de satisfaire les amis d’Eto’o, peu convaincants malgré leur parcours réussi et cette finale tant attendue. Les mordus du ballon rond africain retiendront une seule image très significative: Rigobert Song, leader vieillissant de la défense camerounaise, hésite à se débarrasser de la balle pendant quelques secondes, un laps de temps fatal puisque le jeune Mohamed Zidane, entré en cours de jeu, la lui a chipée dans les pieds avant de mettre Abou Trika sur orbite pour crucifier Kameni (78è).
Les « Pharaons » consolident ainsi leur place d’équipe la mieux titrée en CAN en ajoutant un sixième titre à leur palmarès (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008) et privent, au passage, le Cameroun, qui détient quatre trophées (1984, 1988, 2000, 2002), d’égaler leur record. Cette édition entrera dans les annales de la CAN comme étant la plus prolifique, avec 99 buts, soit une moyenne de 3,09 buts par match.

– 2010: L’Angola désignée pays hôte, les Pharaons sacrés pour la 7è fois.
L’Angola a rejoint les pays organisateurs de la CAN en accueillant les finales de la 27è édition, début 2010, et son équipe a essayé de remporter le titre sous la houlette du Portugais Manuel José, qui a signé plusieurs exploits historiques avec Al-Ahly d’Egypte. La sélection angolaise a été éliminée en quarts de finale après la défaite devant le Ghana qui a atteint la finale.
Quant à la sélection égyptienne, elle a réussi à faire oublier sa défaite en éliminatoire du Mondial-2010 en décrochant le titre africain, à l’instar de l’édition 2006. Les Pharaons ont entamé la défense de leur titre par une précieuse victoire sur le Nigeria 3-1 dans un match au sommet avant l’heure, avant de battre le Mozambique (2-0) et le Bénin sur le même score.
Ces mêmes Pharaons ont poursuivi leur maestria aux tours suivants et se sont imposés tour à tour face aux Lions du Cameroun (3-1) en temps additionnel en quarts de finale puis, en demi-finale, sur l’Algérie (4-0) qui leur avait barré le chemin du Mondial.
Les Egyptiens ont profité de leur grande expérience pour vaincre la jeune sélection ghanéenne en finale par 1 but à 0, oeuvre de Mohamed Naji Jedou, sacré meilleur buteur de la compétition avec 5 réalisations, alors que son coéquipier et capitaine Ahmed Hassan a remporté le titre de meilleur joueur de l’édition.

– 2012: victoire de la Zambie à la surprise générale.
La Zambie a créé la surprise en remportant la 28ème édition de la CAN après avoir éliminé trois sérieux prétendants au sacre à savoir le Sénégal (2-1/1ère journée), le Ghana (1-0/quarts de finale) et la Côte d’Ivoire (8-7 t.a.b/finale). Il s’agit de la 4ème finale où le titre s’est joué aux tirs au but après celles de 1986 au Caire entre la Côte d’Ivoire et l’Egypte (5-4), de 1992 à Dakar entre la Côte d’Ivoire et le Ghana (11-10), et de 2006 en Egypte entre le pays hôte et la Côte d’Ivoire (4-2).
Les Chipolopolo ont réussi ainsi à décrocher leur premier titre après avoir perdu les finales de 1974 face à l’ex-Zaïre (RC Congo actuellement) et de 1994 face au Nigeria.
En revanche, la Côte d’Ivoire a échoué à soulever son deuxième titre dans sa 3ème finale après celles de 1992 au Sénégal face au Ghana (11-12 tab) et 2006 face à l’Egypte (2-4). La Côte d’Ivoire a été éliminée en demi-finale de la CAN-2008 par l’Egypte (4-1) et en quarts de finale de la CAN-2010 par Algérie (2-3) après prolongation.

– 2013: le Nigeria sur le toit de l’Afrique.
Ultra-favori de la CAN après sa victoire sur la Côte d’Ivoire en quart de finale, le Nigeria a tenu son rang à Johannesbourg (Afrique du Sud). Grâce à un but de Mba à la 40e minute, les « Super Eagles » sont venus à bout, en finale, de l’équipe surprise de la compétition: le Burkina-Faso. Tout au long de la rencontre, les Nigérians ont parfaitement négocié et repoussé les assauts désordonnés de leurs adversaires. Ils s’offrent ainsi leur troisième CAN, 19 ans après leur dernier trophée.
Aussitôt après le coup de sifflet final, la liesse a envahi le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 170 millions d’habitants. Des dizaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues de Lagos et d’Abuja (capitale du pays) pour célébrer cette victoire historique. Stephen Keshi, un entraîneur «local» aux qualités indéniables. Ce troisième sacre du Nigeria à la CAN est en partie l’œuvre du sélectionneur Stephen Keshi, décrié dans son propre pays pour avoir notamment privé de compétition Taiwo, Odemwingie ou Martins. Keshi, qui a su transformer en un peu plus d’un an une équipe inexpérimentée en une redoutable machine à gagner. Ainsi, Keshi, membre de la glorieuse équipe nigériane de 1994, a rejoint dans les annales du football continental l’Egyptien Mahmoud El Gohary, jusqu’ici le seul à avoir soulevé le trophée en tant que joueur et entraîneur. Stephen Keshi, qui s’était élevé pendant la compétition contre le manque de considération à l’égard des entraîneurs africains, a prouvé qu’il avait sa place sur le banc de l’une des meilleures nations de football du continent.
Timides en phase de poules, les joueurs nigérians sont apparus comme constituant une équipe de plus en plus forte au fil du tournoi. En attaque, les jeunes Emenike (25 ans) et Victor Moses (22 ans) ont crevé l’écran. Le premier termine en tête du classement des buteurs à égalité avec le Ghanéen Wakaso (4 buts), tandis que le second s’est montré décisif lors de deux rencontres cruciales, face à l’Ethiopie au 1er tour (2-0) et contre le Mali en demi-finale (4-1).
De son côté, le Burkina, qui avait joué deux prolongations en quart (1-0 a.p. contre le Togo) et en demi-finale (1-1 a.p., 3-2 t.a.b. face au Ghana), a semblé fatigué. Les « Etalons » se sont montrés beaucoup moins entreprenants que lors des rencontres précédentes. Pitroipa, un temps disqualifié pour la finale et finalement autorisé à jouer, n’a pas su saisir cette opportunité, se montrant lui aussi transparent. Une demi-déception toutefois pour l’équipe du Burkina-Faso qui n’avait encore jamais réussi à atteindre la finale de la CAN et qui malgré la défaite, peut être fière de son parcours exceptionnel.

– 2015: consécration de la Côte d’Ivoire entrainée par Hervé Renard.
Après une interminable séance de tirs au but, la Côte d’Ivoire s’est imposée face au Ghana en finale de la 30e édition de la CAN. Lors de ce remake de la finale de 1992, les Eléphants ont dû attendre que leur gardien, Copa Barry, ne transforme son tir au but pour offrir aux hommes d’Hervé Renard le second titre continental de leur histoire.
En 1992, le Ghana avait échoué en finale face à la Côte d’Ivoire. Il avait déjà fallu départager les deux équipes aux tirs au but, les Eléphants démontrant alors plus de sang froid (10-9 aux t.a.b.). Une fois encore, ils ont su profiter de la situation pour conquérir un titre qui semblait pourtant tendre les bras à leurs adversaires du soir.